San Francisco berceau du mouvement LGBT en 1969

/San Francisco berceau du mouvement LGBT en 1969
San Francisco berceau du mouvement LGBT en 1969 2017-08-01T19:12:46+00:00

San Francisco est réputée comme étant le berceau du mouvement LGBT.
Ville tolérante et ouverte, la communauté homosexuelle y est très nombreuse (environ 100 000 gays et lesbiennes, soit un habitant sur sept).
San Franscisco est surnommée la Patrie des homos. 

Armistead Maupin, célèbre icône gay et auteur des Chroniques de San Francisco, décrivait San Francisco comme « un lieu de compassion et de tolérance où les hétéros, dans les années 70, acceptaient plus facilement l’homosexualité que les pédés n’assumaient la leur. » Mais en réalité, les homos n’ont pas toujours été aussi bien acceptés…

Tout débute en 1941 : les japonais organisent une attaque surprise contre la base navale américaine de Pearl Harbor. Les Etats Unis entrent alors en guerre et de nombreux jeunes se présentent en Californie pour s’enrôler dans l’armée et défendre leur pays. Mais les gays ne sont pas les bienvenus et l’armée américaine ne les accepte pas dans ses rangs. Les candidats refoulés sont honteux de leur sort et n’osent pas rentrer chez eux. Ils se retrouvent bloqués à San Francisco. Une communauté se crée alors dans le Tenderloin, un quartier pauvre et mal famé de San Francisco. Attirés par la réputation de tolérance de la ville, d’autres homosexuels viennent s’y installer, notamment dans les années 50 suite à la campagne homophone de McCarthy. L’homosexualité est alors considérée comme une menace pour le pays pour de nombreux Américains.

Dans les années 60, le mouvement hippies et la libération sexuelle entraînent dans son sillage la communauté homosexuelle qui commence à se rebeller contre les railleries et les affronts incessantes de la société américaine. C’est en 1969 que le Gay Liberation Movement est créé et en 1970, il organise des marches à San Francisco avec comme slogan « Gay pride » (fierté homosexuelle).

Attirée par les faibles loyers, la communauté LGBT migre vers le quartier de Castro. Elle rénove le quartier, retape les vieilles maisons victoriennes tombées en ruine et ouvre des commerces. Castro reprend vie et devient le quartier gay de San Francisco. Malgré tout cela les actes homophobes sont très courants.

En 1972, Harvey Milk débarque à San Francisco et s’installe à Castro avec son compagnon Scott Smith. Ils ouvrent Castro Camera, un magasin d’appareils photographiques. Milk crée une association de commerçants du quartier et se distingue rapidement comme un meneur de la communauté homosexuelle.

Il se présente en 1973 et 1975 aux élections du conseil municipal mais sans succès. À chaque campagne, il reçoit un soutien de plus en plus large de la communauté gay. On le reconnaît officieusement comme le maire de Castro Street.

Voyant le fort soutien dont bénéficie Milk, le maire de l’époque, George Moscone, le nomme en 1976 au Comité d’appel de permis mais il quitte ce poste cinq semaines plus tard pour se présenter en tant que député à l’assemblée de Californie. Il perd une nouvelle fois mais cela ne le décourage pas.

En 1977 le mode de scrutin change et les superviseurs ne sont plus élus au niveau municipal mais par district. Milk est alors élu représentant du 5e district, qui inclut le quartier du Castro. Il devient le premier homme politique ouvertement homosexuel à être élu dans une grande ville des États-Unis.
Durant son mandat, il s’oppose fermement à la Proposition 6, un projet de loi du sénateur Briggs qui aurait autorisé le licenciement des enseignants homosexuels. Malgré un climat tendu et hostile à la communauté gay, Milk parvient à empêcher l’adoption de la Proposition 6.

Le 27 novembre 1978, Milk est assassiné avec le maire George Moscone dans la mairie par l’ancien superviseur Dan White. Mais le verdict clément de la Cour envers le meurtrier provoque de violentes émeutes au cours d’une nuit que l’on appellera la « Nuit Blanche ».

Aujourd’hui, une plaque lui rend hommage et chaque 27 novembre, la communauté gay défile de Castro Street au City Hall en mémoire du « maire » assassiné.